Les Faux-Monnayeurs d'André Gide (1925) : un roman moral ?


Les Tricheurs, Le Caravage (1594-1595)

agôn
et/ou polemos, polis, poêsis , ethos ...

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"La monnaie symbolise ici les valeurs éthiques, au sens où l'éthique est un conformisme aux règles d'une morale, et le faux-monnayeur est celui qui fabrique des raisons morales pour justifier sa conduite."
Jean Delay, Introduction à la Correspondance André Gide - Roger Martin du Gard, 1968

Le Tricheur à l'as de carreau, Georges de la Tour (vers 1635)

Les Faux-Monnayeurs d'André Gide (1925)

"C'est la contradiction qui donne la vie en littérature", Balzac
Les amis de Gide lui ont souvent reproché les contradictions de sa personnalité :
"Permettez-moi de vous dire, sans grossièreté, que vous êtes comme la lune... De quelque façon qu'on s'y prenne, on 'en voit jamais qu'un morceau, et le plus que l'on puisse embrasser d'un même coup d'oeil n'est jamais que la moitié de Gide, dont les deux pôles ne se trouvent jamais éclairés en même temps." Correspondance, Gide-Roger Martin du Gard
"C'est en écartelé que j'ai vécu", André Gide

"Pour lui le roman n'était pas la réflexion d'un miroir promené le long du chemin, mais la projection de ses propres virtualités dans un éventail de personnages qui les incarneraient."
Jean Delay, Introduction à la Correspondance André Gide - Roger Martin du Gard, 1968

"Les Faux-Monnayeurs étaient encore un livre de moraliste, mais c'était d'abord, plus visiblement, une oeuvre qui frappait par la technique formelle. Cette technique rebuta à l'époque, mais on voit mieux, un demi-siècle plus tard, toute l'intelligence de cette tentative de Gide qui, entre Proust et le roman américain des années 30, constitue un pas décisif vers l'anti-roman (comme dira Sartre)..."
Pierre-Olivier Walzer, Littérature française du XXème siècle, I, 1896-1929 (1975)

"Les Faux-Monnayeurs représentent un des premiers efforts pour dépasser la structure traditionnelle du roman, non pas seulement par une rupture de l'intrigue horizontale (on sait que Gide a voulu couper sa tranche non en longueur mais en largeur) mais surtout par une nouvelle conception du rôle des personnages. Aucun des acteurs des Faux-Monnayeurs n'a de "signification" en dehors de sa "valeur" c'est-à-dire que le "sens" de chacun dépend uniquement de ses rapports avec tous les autres : sorti du réseau de relations dont il est une partie intégrale, le personnage perd de sa raison d'être."
Elaine D. Cancalon, "La Structure de l'épreuve dans Les Faux-Monnayeurs", Cahiers André Gide n°5, Lettres Modernes, 1975


L'art de la fugue dans les Faux-Monnayeurs

L'art de la fugue dans Les Faux-Monnayeurs d'André Gide, de la fugue de Bernard au décentrage des récits des narrateurs* (1 et 2) avec le projet de fugue romanesque d'Edouard : ayant pour sujet "la lutte entre les faits proposés par la réalité, et la réalité idéale", il exprime selon Gide une "lutte entre l'esprit et le chiffre".
"Chaque soir je me replonge, une demi-heure durant, dans le Kunst der Fugue. Rien de ce que j'en ai dit l'autre jour ne me paraît plus bien exact. Non, l'on ne sent plus là, souvent, ni sérénité ni beauté ; mais tourment d'esprit et volonté de plier des formes, rigides comme des lois, et inhumainement inflexibles. C'est le triomphe de l'esprit sur le chiffre ; et, avant le triomphe, la lutte. Et, tout en se soumettant à la contrainte, tout ce qui se peut encore, à travers elle, en dépit d'elle, ou grâce à elle, de jeu, d'émotion, de tendresse, et, somme toute, d'harmonie".
Journal d'André Gide, 7 décembre 1921.
"Je suis comme un musicien qui cherche à juxtaposer et imbriquer, à la manière de César Franck, un motif d'andante et un motif d'allegro" (JFM, 1919).
"Il n'y a pas, à proprement parler, un seul centre à ce livre, autour de quoi viennent converger mes efforts ; c'est autour de deux foyers, à la manière des ellipses, que ces efforts se polarisent. D'une part l'événement , le fait, la donnée extérieure; d'autre part, l'effort même du romancier pour faire un livre avec cela. Et c'est là le sujet principal, le centre nouveau qui désaxe le récit et l'entraîne vers l'imaginatif" (JFM, 1921)
L'art de la fugue dans Les Faux-Monnayeurs d'André Gide, de la fugue de Bernard au décentrage des récits des narrateurs* (1 et 2) avec le projet de fugue romanesque d'Edouard : ayant pour sujet "la lutte entre les faits proposés par la réalité, et la réalité idéale", il exprime selon Gide une "lutte entre l'esprit et le chiffre".
"Je suis comme un musicien qui cherche à juxtaposer et imbriquer, à la manière de César Franck, un motif d'andante et un motif d'allegro" (JFM, 1919).
"Il n'y a pas, à proprement parler, un seul centre à ce livre, autour de quoi viennent converger mes efforts ; c'est autour de deux foyers, à la manière des ellipses, que ces efforts se polarisent. D'une part l'événement , le fait, la donnée extérieure; d'autre part, l'effort même du romancier pour faire un livre avec cela. Et c'est là le sujet principal, le centre nouveau qui désaxe le récit et l'entraîne vers l'imaginatif" (JFM, 1921)
Par exemple dans ces extraits de l'excipit des Faux-Monnayeurs, au chapitre XVIII :
N1 : "On préfère tout supposer, plutôt que l'inhumanité d'un être si jeune"
N2 : "Je suis bien curieux de connaître Caloub." (la fin du roman = la fin du Journal d'Edouard)


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"et quant au puîné, le petit Caloub*, une pension le bouclait au sortir du lycée... Je suis bien curieux de connaître le petit Caloub*."
* effet d'épanadiplose : Caloub = anagramme de "boucla" (cf. Les jeux de mots gidiens : Passavant, Profitendieu ...)

cf. L'art de la fugue dans Les Faux-Monnayeurs d'André Gide : une écriture protéiforme avec suites et variations, de l'incipit à l'excipit (avec une fin ouverte qui boucle et déboucle à la fois...).

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Le roman d'un collectif de poètes lycéens Des espoirs générationnels suivra-t-il la voie de la fragmentation et de la composition musicale ouverte par le roman gidien ?


Qu'en est-il dans Un nid pour quoi faire d'Olivier Cadiot et de la mise en scène de "la maladie Robinson" inspirée des Histoires brisées d'André Gide ?

La construction du récit et les rythmes de la narration :
prochaine étape de la conception du roman collectif "générationnel"
le synopsis et le schéma actantiel

André Gide, l'insaisissable Protée



"Il ne faudrait pas avoir de tristesses personnelles, mais faire siennes celles des autres... de sorte qu'on en puisse changer."

Journal d'André Gide, 1893

Qui est Protée ?
Qu'est-ce qu'une écriture protéiforme ?

Le portrait d'Edouard par Laura :

"A vrai dire, je ne sais pas ce que je pense de lui. Il n'est jamais longtemps le même. Il ne s'attache à rien ; mais rien n'est plus attachant que sa fuite. Vous le connaissez depuis trop peu de temps pour le juger. Son être se défait et se refait sans cesse. On croit le saisir... c'est Protée. Il prend la forme de ce qu'il aime. Et lui-même, pour le comprendre, il faut l'aimer."

Une écriture déroutante, vertigineuse, protéiforme : les ellipses, l'art du détour, du biais, d'une fausse clarté qui déroute et égare : une présentation indirecte des faits des glissements d'un point de vue à l'autre, l'insertion dans le roman de sa propre critique, l'ironie qui cache l'essentiel sous l'accessoire. ; cf. Gide et l'art de la fugue.

Gide relativise les points de vue, de sorte que toute vérité semble impossible à saisir.

"L'impossible saisie de l'être par l'être tout entier", Paul Valéry
cf. le "Robinson moderne" des Histoires brisées de Paul Valéry = Paul-Ambroise (FM, chap. 4, 1èe partie)


[cf. la figure de Protée dans Le Mariage de Figaro, III, 5 et Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans D'Holbach, ]
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Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde (révisions pour les EAF)


« Un personnage de roman est simplifié et construit. On peut le comprendre. Dans la vie réelle, les êtres vivants sont des énigmes dangereuses. »écrit André Maurois (1885-1967).
Expliquez, commentez et discutez cette appréciation en vous fondant sur les textes du corpus et vos lectures.

La construction des personnages de romans : le schéma actantiel

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Problématique : Mais André Gide va-t-il aussi loin qu'il le prétend dans sa contestation par la mise en cause intérieure d'une société et de son langage ?
cf. "Le roman du roman ", mais aussi "le roman des romans"
Roger Martin du Gard redoute le contrôle de l'intelligence sur la sensibilité, il reproche à André Gide ses "exercices acrobatiques" : "Quel démon critique vous retient toujours à califourchon sur les vannes de l'écluse, et qui s'amuse à doser avec une science espiègle les échappements de l'eau ?" (Correspondance, 1921)
A la différence de son ami Roger Martin du Gard qui puise à la source du roman "fleuve" traditionnel (cf. "topique balzacien" du roman d'apprentissage réaliste), Gide veut déranger le lecteur dans ses habitudes, c'est pourquoi il travaille pendant six ans à l'élaboration d'un roman "agressif" et "difficile", à l'image du personnage d'Alfred Jarry mis en abyme dans la scène du banquet des Argonautes.
Alfred Jarry
"comme le "théâtre vivant", Les FM exige du public une participation active, un effort de découverte et même de reconstruction". Geneviève Idt, Profil d'une oeuvre
[x Objet d'étude : le théâtre / Ubu Roi d'Alfred Jarry mis en abyme dans la scène du banquet des Argonautes]
" Gide, dans le Journal des Faux-monnayeurs, définit ses intentions et le mode d'emploi de son roman : c'est un livre agressif, qui veut l'inconfort du lecteur, qui le dérange dans ses habitudes, c'est un livre difficile"
Non que le texte soit obscur [...] Le texte n'est difficile que parce qu'il se dérobe sous une apparence de gratuité, de facilité, de jeu. Son auteur lui souhaite des lecteurs patients [...] Seule une deuxième lecture ou une étude détaillée permet d'en comprendre l'intérêt. Comme les textes du "nouveau roman", comme certaines oeuvres de l'art cinématographique, comme le "théâtre vivant", Les FM exige du public une participation active, un effort de découverte et même de reconstruction [...].
Malgré ou à cause de son rythme rapide, Les FM ne captive pas comme les grands romans de la durée centrée autour de quelques personnalités vigoureuses* : c'est un récit éclaté, les fils de l'intrigue échappent. Les personnages éclairés de côté, déroutent; le ton change sans cesse, mais demeure ambigu, sans qu'on sache jamais si l'auteur se moque de ce qu'il écrit, sans qu'on puisse vraiment adhérer aux événements et aux personnages, toujours tenus à distance. Dans ces conditions, le texte intéresse plus qu'il ne touche, il incite à entrer dans un jeu intellectuel : il apparaît comme une construction démontable dont il est amusant de découvrir la mécanique."
Geneviève Idt, Profil d'une oeuvre
[cf. Illusions perdues de Balzac : le journaliste est un "acrobate"]



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Gide ou les limites du rationalisme : entre classicisme et déconstruction, entre le roman et l'essai
2 amis, 2 correspondances : Roger Martin du Gard et Paul Valéry

"Il n'y a que les sots et les huîtres qui adhèrent", Paul Valéry

"L'impossible saisie de l'être par l'être tout entier",

cf. le "Robinson moderne" des Histoires brisées de Paul Valéry = Paul-Ambroise (FM, chap. 4, 1ère partie)

(cf. Vertige de l'artiste entre Narcisse et Prométhée : les figures de Protée, dans Les FM et de Robinson dans Un nid pour quoi faire d'Olivier Cadiot)x Poésie et déchiffrement du monde : l'étude des fonctions du poète et de la poésie à partir des manifestes poétiques-autoportraits de poètes en vue de la construction du collectif de personnages du roman de poètes.
(cf. "Visages", Charles Juliet)


[x en perspective croisée avec l'argumentation : cf. les "demi-malins", les "esprits faux" et les esprit "géométriques" dans les Pensées de Pascal, cf. l'"indiscret stoïcien", La Fontaine et le portrait d'Arrias]
"Mais les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres", Pascal

"Penser, c'est nier ce qui est devant soi", Hegel

"On ne pense que par images, si tu veux être philosophe, écris des romans", Albert Camus

Rembrandt, Le philosophe en médiation, 1632

"La vérité d'un homme, c'est d'abord ce qu'il cache", André Malraux


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Sujets de dissertations de niveau 1ère sur les personnages de romans :

Dans son essai sur Les Personnages, Sylvie Germain, romancière contemporaine, écrit :

« Tous les personnages sont des dormeurs clandestins nourris de nos rêves et de nos pensées. »
Cette conception du personnage vous paraît-elle partagée par les romanciers que vous connaissez ? Vous appuierez votre réponse sur les textes du corpus et les oeuvres romanesques que vous avez lues.

2. Commentez ce point de vue du philosophe Alain :
"Le thème de tout roman, c'est le conflit d'un personnage romanesque avec des choses et des hommes qu'il découvre en perspective à mesure qu'il avance, qu'il connaît d'abord mal, et qu'il ne comprend jamais tout à fait." (Système des Beaux-Arts, 1920).Vous prendrez pour exemples les textes du corpus ainsi que les oeuvres romanesques que vous avez lues et étudiées.

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Le Temps retrouvé de Marcel Proust

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à suivre...

La maladie du Robinson moderne : l'idée fixe, l'égotisme et le solipsisme, des Histoires brisées de Paul Valéry à Un nid pour quoi faire d'Olivier Cadiot

Robinson.

Solitude.

Création du loisir. Conservation.

Temps vide. Ornement.

Danger de perdre tête? de perdre tout langage.

Lutte. Tragédie. Mémoire. Prière de Robinson.

Image des foules, des théâtres, des rues.

Tentation. Soif du pont de Londres.

Il veut écrire à des personnes imaginées, embrasse des arbres, parle tout seul. Crises de rire. Peu à peu n'est plus soi.
"Robinson", Paul Valéry, Histoires brisées (poèmes en prose)
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cf. Le Locataire chimérique, Roland Topor
cf. Pascal : "Tous les malheurs de l'humanité viennent de la difficulté de l'homme à rester seul dans une chambre", Pensées
"Quand on est seul on s'appartient tout entier", Léonard de Vinci
H2 dans Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute : le "poète"
Quelqu'un comme vous, Fabrice Roger-Lacan

"Je rêve à l'orgueilleuse solitude" , le "Robinson de l'étude" dans le roman de Jules Vallès, Jacques Vingtras,

"Il est nuit. Je m’en aperçois tout d’un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? Quelle heure est-il ? Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s’effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien.
J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse ; je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d’une émotion immense, remué jusqu’au fond de la cervelle et jusqu’au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain…La faim me vient : j’ai très faim. Vais-je être réduit à manger ces rats que j’entends dans la cale de l’étude ?" Jacques Vingtras de Jules Vallès




L'agumentation : convaincre, persuader, délibérer

Sujets de dissertations littéraires : thèse, antithèse, synthèse


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La lutte de Jacob avec l'Ange, fresque d'Eugène Delacroix, Eglise Saint-Sulpice, 1961



Le théâtre : comédie et tragédie (2de) ; texte et représentation (1ère)
Dans quelle mesure le spectateur est-il partie prenante de la représentation théâtrale ?
Vous répondrez en faisant référence au corpus, aux œuvres étudiées en classe, et à celles que vous avez vues ou lues.


Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde

Sujets de dissertation sur le roman : "la mise en perspective historique fonde l'année de 1ère" (BO nov. 2006)
« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature ».

Cette citation de Marcel Proust extraite du Temps retrouvé vous permet-elle d'éclairer la façon dont le romancier exprime une pensée sur l'homme et sur le monde ? Vous appuierez votre réflexion sur les romans que vous avez lus et étudiés.

fresque d'Eugène Delacroix peinte dans l'église Saint-Sulpice en 1861.
  1. Commentez ce point de vue du philosophe Alain : "Le thème de tout roman, c'est le conflit d'un personnage romanesque avec des choses et des hommes qu'il découvre en perspective à mesure qu'il avance, qu'il connaît d'abord mal, et qu'il ne comprend jamais tout à fait." (Système des Beaux-Arts, 1920).
Vous prendrez pour exemples les textes du corpus ainsi que les oeuvres romanesques que vous avez lues et étudiées.

  1. Dans son essai sur Les Personnages, Sylvie Germain, romancière contemporaine, écrit : « Tous les personnages sont des dormeurs clandestins nourris de nos rêves et de nos pensées. »
Cette conception du personnage vous paraît-elle partagée par les romanciers que vous connaissez ? Vous appuierez votre réponse sur les textes du corpus et ls oeuvres romanesques que vous avez lues.

  1. André Maurois (1885-1967) écrit : « Un personnage de roman est simplifié et construit. On peut le comprendre. Dans la vie réelle, les êtres vivants sont des énigmes dangereuses. »
Expliquez, commentez et discutez cette appréciation en vous fondant sur les textes du corpus et vos lectures.

  1. Parlant du monde romanesque et de ses personnages, Albert Camus écrit dans L'Homme révolté : « Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n'est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu'au bout de leur destin et il n'est jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu'à l'extrémité de leur passion. »
Vous expliciterez et illustrerez ce point de vue à partir de vos lectures romanesques et vous le discuterez si cela vous semble nécessaire.

  1. En parlant de ses héros, et avant d'écrire Madame Bovary, Flaubert déclarait : "Ce qu'ils sont maintenant, ce qu'ils font, ce qu'ils rêvent est le résultat de ce qu'ils ont été, de ce qu'ils ont fait, de ce qu'ils ont rêvé."
Cette affirmation vous semble-t-elle correspondre à la définition d'un personnage de roman ou correspond-elle plus étroitement à celle du XIXème siècle ? Cette conception a-t-elle évolué ? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles.

  1. Julien Green (1900-1998) écrit à propos de son roman Leviathan (1928) : "Voici la vérité sur ce livre : je suis tous les personnages."
A partir de votre expérience de lecteur de romans, vous vous interrogrez sur la relation qui unit un auteur à ses personnages dans le cadre d'une fiction romanesque.

  1. Jean-Paul Sartre a dit de Nathalie Sarraute : "Elle a mis au point une technique qui lui permet d'atteindre, par-delà la psychologie, la réalité humaine dans son existence même."
Sartre souligne ici le fait que c'est l'existence même du personnage, c'est-à-dire ses gestes, ses actes, ses paroles, qui constitue sa réalité, et non une analyse psychologique livrée par l'auteur. Que pensez-vous de cette conception de la construction du personnage romanesque ?
Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes du corpus et vos lectures personnelles.

  1. On peut considérer à toutes les époques qu'un roman est moderne "si on entend par modernité le mouvement d'une littérature qui, perpétuellement en quête d'elle-même, s'interroge, se met en cause, fait de ses doutes et de sa foi à l'égard de son propre message le sujet même de ses écrits".
En vous appuyant sur les textes du corpus et les romans que vous avez lus et étudiés, commentez cette affirmation d'un critique et dites si vous adhérez à cette définition du "roman moderne".

Jan van Eyck, Les époux Arnolfini, 1434

"L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible", Paul Klee

La Curée de Zola

De La Curée aux Choses de Georges Perec :

"Etait-ce le coeur qui n'était pas là ?", Le Ravissement de Lol V. Stein

à suivre...

Le Rouge et le Noir, Stendhal (1830) : le début d'un roman du XIXème siècle

La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s'étendent sur la pente d'une colline, dont les touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bâties jadis par les espagnols, et maintenant ruinées.
Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c'est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d'octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois; c'est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C'est à la fabrique de toiles peintes, dites de Mulhouse, que l'on doit l'aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières.
A peine entre-t-on dans la ville que l'on est étourdi par le fracas d'une machine bruyante et terrible en apparence. Vingt marteaux pesants, et retombant avec un bruit qui fait trembler le pavé, sont élevés par une roue que l'eau du torrent fait mouvoir. Chacun de ces marteaux fabrique, chaque jour, je ne sais combien de milliers de clous. Ce sont de jeunes filles fraîches et jolies qui présentent aux coups de ces marteaux énormes les petits morceaux de fer qui sont rapidement transformés en clous. Ce travail, si rude en apparence, est un de ceux qui étonnent le plus le voyageur qui pénètre pour la première fois dans les montagnes qui séparent la France de l'Helvétie. Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette belle fabrique de clous qui assourdit les gens qui montent la grande rue, on lui répond : Eh! Elle est à M. le maire.
Pour peu que le voyageur s'arrête quelques instants dans cette grande rue de Verrières, qui va en montant depuis la rive du Doubs jusque vers les sommets de la colline, il y a cent à parier contre un qu'il verra paraître un grand homme à l'air affairé et important.
A son aspect tous les chapeaux se lèvent rapidement. Ses cheveux sont grisonnants, et il est vêtu de gris. Il est chevalier de plusieurs ordres, il a un grand front, un nez aquilin, et au total sa figure ne manque pas d'une certaine régularité : on trouve même, au premier aspect, qu'elle réunit à la dignité du maire de village cette sorte d'agrément qui peut encore se rencontrer avec quarante-huit ou cinquante ans. Mais bientôt le voyageur parisien est choqué d'un certain air de contentement de soi et de suffisance mêlé à je ne sais quoi de borné et de peu inventif. On sent enfin que le talent de cet homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu'on lui doit, et à payer lui-même le plus tard possible quand il doit.
Tel est le maire de Verrières, M. de Rénal. Après avoir traversé la rue d'un pas grave, , il entre à la mairie et disparaît aux yeux du voyageur. Mais, cent pas plus haut, si celui-ci continue sa promenade, il aperçoit une maison d'assez belle apparence, et, à travers une grille de fer attenante à la maison, des jardins magnifiques. Au-delà, c'est une ligne d'horizon formée par les collines de la Bourgogne, et qui semble faite à souhait pour le plaisir des yeux. Cette vue fait oublier au voyageur l'atmosphère empestée des petits intérêts d'argent dont il commence à être asphyxié.
On lui apprend que cette maison appartient à M. de Rénal. C'est aux bénéfices qu'il a faits sur sa grande fabrique de clous que le maire de Verrières doit cette habitation en pierres de taille qu'il achève en ce moment. Sa famille, dit-on, est espagnole, antique, et, à ce qu'on prétend, établie dans le pays bien avant la conquête de Louis XIV.
Depuis 1815 il rougit d'être industriel : 1815 l'a fait maire de Verrières. Les murs en terrasse qui soutiennent les diverses parties de ce magnifique jardin qui, d'étage en étage, descend jusqu'au Doubs, sont aussi la récompense de la science de M. de Rénal dans le commerce du fer.


Copyright Oodoc - Stendhal : Le Rouge et le Noir : Incipit (commentaire)
http://www.oodoc.com/91674-stendhal-rouge-noir-incipit-ville-maire.php



Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde dans le roman du XIXème siècle

Texte 1 : Stendhal, Le Rouge et le Noir, I, 10 (1830)

Texte 2 : Flaubert, Madame Bovary, II, 12 (1857)

Texte 3 : Zola, Germinal, III, 3 (1885)


I. Question :

Quelle vision de la société ou du monde chacun de ces rêves reflète-t-il ? Vous tiendrez compte dans votre réponse de la date de parution de chaque roman.

cf. textes sur le groupement du polycopié et correction de la question d'observation (cf. cahier de texte en ligne)

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Chapitre I : Une petite ville

"Put thousands together
Less bad.
But the cage less gay."
HOBBES.

La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges, s'étendent sur la pente d'une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.

Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c'est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra, se couvrent de neige dès les premiers froids d'octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois, c'est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C'est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l'on doit l'aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières.

À peine entre-t-on dans la ville que l'on est étourdi par le fracas d'une machine bruyante et terrible en apparence. Vingt marteaux pesants, et retombant avec un bruit qui fait trembler le pavé, sont élevés par une roue que l'eau du torrent fait mouvoir. Chacun de ces marteaux fabrique, chaque jour, je ne sais combien de milliers de clous. Ce sont de jeunes filles fraîches et jolies qui présentent aux coups de ces marteaux énormes les petits morceaux de fer qui sont rapidement transformés en clous. Ce travail, si rude en apparence, est un de ceux qui étonnent le plus le voyageur qui pénètre pour la première fois dans les montagnes qui séparent la France de l'Helvétie. Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette belle fabrique de clous qui assourdit les gens qui montent la grande rue, on lui répond avec un accent traînard : Eh ! elle est à M. le maire.


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Document complémentaire : pour éclairer la lecture de ce début du roman


Le réquisitoire de Julien Sorel, Le Rouge et le Noir, Stendhal (1830)*

« Messieurs les jurés,


L'horreur du mépris, que je croyais pouvoir braver au moment de la mort, me fait prendre la parole. Messieurs, je n'ai point l'honneur d'appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s'est révolté contre la bassesse de sa fortune.

Je ne vous demande aucune grâce, continua Julien en affermissant sa voix. Je ne me fais point illusion, la mort m'attend : elle sera juste. J'ai pu attenter aux jours de la femme la plus digne de tous les respects, de tous les hommages. Madame de Rénal avait été pour moi comme une mère. Mon crime est atroce, et il fut prémédité. J'ai donc mérité la mort, messieurs les jurés. Mais quand je serais moins coupable, je vois des hommes qui, sans s'arrêter à ce que ma jeunesse peut mériter de pitié, voudront punir en moi et décourager à jamais cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe inférieure et en quelque sorte opprimés par la pauvreté, ont le bonheur de se procurer une bonne éducation, et l'audace de se mêler à ce que l'orgueil des gens riches appelle la société. Voilà mon crime, messieurs, et il sera puni avec d'autant plus de sévérité, que, dans le fait, je ne suis point jugé par mes pairs. Je ne vois point sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi, mais uniquement des bourgeois indignés... »

* Le réquisitoire de Julien Sorel se situe presque à la fin du roman.


"En toute chose il faut considérer la fin"

Pierre et Jean, Maupassant : un roman d'une étonnante actualité

Comptes-rendus des comités de rédaction et de lecture éditoriaux : à suivre...



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"Je fixais des vertiges", Rimbaud


"Nuit plénière où le rêve malgracieux ne clignote plus, garde-moi vivant ce que j'aime", René Char


Texte : Maupassant, Pierre et Jean (1887)

Ayant fait encore quelques pas, il s'arrêta pour contempler la rade. Sur sa droite, au-dessus de Sainte-Adresse, les deux phares électriques du cap de la Hève, semblables à deux cyclopes monstrueux et jumeaux, jetaient sur la mer leurs longs et puissants regards. Partis des deux foyers voisins, les deux rayons parallèles, pareils aux queues géantes de deux comètes, descendaient, suivant une pente droite et démesurée, du sommet de la côte au fond de l'horizon. Puis sur les deux jetées, deux autres feux, enfants de ces colosses, indiquaient l'entrée du Havre; et là-bas, de l'autre côté de la Seine, on en voyait d'autres encore, beaucoup d'autres, fixes ou clignotants, à éclats et à éclipses, s'ouvrant et se fermant comme des yeux, les yeux des ports, jaunes, rouges, verts, guettant la mer obscure couverte de navires, les yeux vivants de la terre hospitalière disant, rien que par le mouvement mécanique invariable et régulier de leurs paupières : "C'est moi. Je suis Trouville, je suis Honfleur, je suis la rivière de Pont-Audemer." Et dominant tous les autres, si haut que de si loin, on le prenait pour une planète, le phare aérien d'Etouville montrait la route de Rouen, à travers les bancs de sable de l'embouchure du fleuve.
Puis sur l'eau profonde, sur l'eau sans limites, plus sombre que le ciel, on croyait voir, çà et là, des étoiles. Elles tremblotaient dans la brume nocturne, petites, proches ou lointaines, blanches, vertes ou rouges aussi. Presque toutes étaient immobiles, quelques-unes, cependant, semblaient courir; c'étaient les feux des bâtiments à l'ancre attendant la marée prochaine, ou des bâtiments en marche dans le firmament pour guider la flotte infinie des vraies étoiles.
Juste à ce moment la lune se leva derrière la ville; et elle avait l'air d'un phare énorme et divin allumé dans le firmament pour guider la flotte infinie des vraies étoiles.
Pierre murmura, presque à haute voix :
"Voilà, et nous nous faisons de la bile pour quatre sous !"

« L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible », Paul Klee

Littérature et engagement : portraits et autoportraits à travers les âges et les genres

« L'art n'est pas une question de technique mais de vision », Proust, Le Temps retrouvé


"Nuit étoilée" et mots rayonnants comme une "sempervive"




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Olivier Py, "le pari de la jeunesse"

"Petit Poucet rêveur... un pied près de mon coeur"

Olivier Py, Directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe
Auteur dramatique, poète, comédien et metteur en scène

"un théâtre qui se fonde avant tout à partir du poème"



L'impatience essentielle

"Roméo et Juliette est un mythe. Pourquoi ? La réponse d'Olivier Py tient en un mot : cet amour-là est impossible, donc il a lieu."

Daniel Loyaza

A suivre...



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"La jeunesse a contre elle la jeunesse", Illusions perdues de Balzac

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LE ROMAN et ses personnages : visions de l'homme et du monde Le roman du XIXème siècle : le Réalisme et le Naturalisme



Quelles visions de l'homme et du monde cette phrase de Maupassant reflète-t-elle ?


"La vie voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit", Maupassant


Où peut-on la lire ?


L'AGON : Pierre et Jean, Maupassant (1887)


Le ressort dramatique de la rivalité entre les deux frères : la jalousie, la colère, la souffrance



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Le roman en question : le roman et ses personnages (visions de l'homme et du monde)

Le roman en question : le roman d'un collectif de "poètes" *

* au sens étymologique de création

Une enquête anthropologique sur la place du sujet dans l'histoire des représentations et de la communication

Pour "faire grandir la personne"


Comment et pourquoi écrire ?

Comment et pourquoi écrire... des romans ?

Comment et pourquoi écrire un roman aujourd'hui ?

Continuité ou discontinuité romanesque ?

du "topique balzacien" au "nouveau roman"...


1925 -Les Faux-Monnayeurs d'André Gide : un anti-roman ?

La fin du roman ou le "roman des romans" ?


2007 - Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire :

le roman d'un poète
?


"Au fond, ce que j'aimerais faire, c'est de la poésie", Un nid pour quoi faire, Olivier Cadiot

"Cour royale en exil à la montagne cherche conseiller image, chambre tout confort, dans chalet atypique, artistes s’abstenir, envoyer prétentions"


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"nous sommes dans deux camps adverses. Deux soldats de deux camps ennemis qui s'affrontent." Pour un oui ou pour un non, Nathalie Sarraute



Le roman d'un collectif de "poètes" *


* au sens étymologique de "poésie" : création

"Moi, je me moque de la poésie ? Je parle avec mépris des poètes ?"
Pour un oui ou pour un non, Nathalie Sarraute

Le portrait et l'autoportrait du poète : concours de poésie

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Le making-of du roman collectif au lycée : http://tempoedes-espoirsgenerationnels.blogspot.com

Le making-of du roman collectif au collège : http://tempoeromancollege.blogspot.com


"Quelle forêt ? Quelle princesse ? tu divagues"
Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non

http://tempoetudis-vague.blogspot.com (à suivre)

"Le style, c'est l'homme-même", Buffon

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Activités complémentaires (EAF) :

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Autoportraits et manifestes poétiques d'un collectif de poètes lycéens : pour la construction d'un collectif de personnages (schéma actantiel) et d'un synopsis (schéma narratif ou sommaire) partir d'un groupe de poètes lycéens en vue de la rédaction d'un roman collectif "générationnel" .


"Ensemble, c'est tout"


Les poèmes "générationnels" : "concours" de poésie pour la construction du schéma actantiel à

Le choix d'une esthétique "générationnelle" : "concours" de photos pour la mise en place du cadre-spatio-temporel d'une écriture (correspondance image et texte sous forme de diptyque)

Ut pictura poesis” : un concours de poésie pour permettre aux élèves de s'exprimer à partir d'une forme et d'une inspiration nourries de leurs recherches de poèmes dans le cadre de la composition d'une anthologie poétique. La présentation sous forme de diptyque de leur poème en correspondance avec un tableau et un poème choisi a été l'occasion de se situer dans l'histoire de la poésie et de la peinture et de proposer un manifeste poétique, dans le prolongement de la préface rédigée d'une anthologie poétique de leur composition.

L'autoportrait du poète : "Images de soi" (Charles Juliet) ; rédaction d'un autoportrait à partir du poème de Charles Juliet

En perspective croisée avec les quatre autres objets d'étude, ces réalisations qui entrent dans le cadre du dossier-enquête sur la place du sujet dans l’histoire de la communication et des représentations représentent des manifestes poétiques en vue de la formation du regard critique et de l'expression de soi par ses choix esthétiques et la création artistique (ou comment se dire par ses choix esthétiques) en vue de la recherche d'une esthétique “générationnelle” .

Ils ont ouvert la voie au travail d'écriture du roman collectif “générationnel” : le roman d'un poète ou d'un “cénacle” (en perspective croisée avec l'objet d'étude : le roman et ses personnages, visions de l'homme et du monde).

Le roman d'un collectif de poètes (autoportrait et manifeste poétique « générationnels »), pour une esthétique de la continuité romanesque ou de la discontinuité (des "Histoires brisées" de Paul Valéry aux Faux-Monnayeurs d'André Gide et à La Recherche du temps perdu.

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Le roman collectif "générationnel" d'un collectif de poètes

Titre provisoire : A la recherche du poète inconnu/disparu (?)

Photo de Yves Monier


L'écriture d'une aventure : qui est l'auteur du poème anonyme affiché en T3 ?

L'aventure d'une écriture (cf. sujet 25*) : la construction romanesque et les rythmes de la narration

"Au fond, ce que j'aimerais faire, c'est de la poésie", Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire


* 25. Que pensez-vous de cette formule des « nouveaux romanciers » qui proposent de substituer « l’aventure d’une écriture à l’écriture d’une aventure » ? Vous développerez votre point de vue à partir de l’analyse d’exemples précis de vos lectures.

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Ces différents "concours" de diptyques "générationnels" sont destinés surtout à favoriser l'entrée en littérature des lycéens d'une classe de 1ère ES et l'inter-action entre différentes sensibilités artistiques : la mise en résonance de ces propositions d'élèves (soulignée par le jeu de correspondance des "pas de deux" des diptyques présentés au cours de l'année), devrait permettre à chacun de trouver son inspiration pour une écriture individuelle et collective à la fois, sa musique personnelle et les accords d'une partition collective, développer une puissance créative en "géométrie" et en "finesse" qui aide chacun à grandir.


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Prochaine étape :

Proposition des schémas actantiel et narratif sous forme de "tropismes" :

"tropisme" en grec : donner une direction ("tropos" : tour, direction)

Ce terme de botanique est passé dans l'usage littéraire sous la plume de Gide en 1914 pour désigner une force obscure, inconsciente qui pousse à agir d'une certaine façon.

Nathalie Sarraute utilise le terme "tropisme" pour décrire un sentiment fugace, bref, intense mais inexpliqué :


Tropismes, 1939 : idée de réaction psychologique élémentaire peu exprimable.

L'Ere du soupçon, 1956 : la romancière devient une figure de proue du nouveau roman

Pour un oui ou pour un non, 1982

Enfance, 1983 (la scène du Luxembourg : décomposition de mouvements imperceptibles et inexplicables)


Nathalie Sarraute ambitionne d’atteindre une « matière anonyme comme le sang », veut révéler « le non-dit, le non-avoué », tout l’univers de la “sous-conversation”. N'a-t-on pas dit d'elle qu'elle s'était fixé pour objectif de « peindre l'invisible » ? Elle excelle à détecter les « innombrables petits crimes » que provoquent sur nous les paroles d’autrui. Ces paroles sont souvent anodines, leur force destructrice se cache sous la carapace des lieux communs, gentillesses d’usage, politesses… Nos apparences sans cesse dévoilent et masquent à la fois ces petits drames.

Le terme «tropisme* », emprunté au langage scientifique, désigne l'orientation des plantes en fonction de leur milieu. Chez Sarraute, qui a intitulé sa première publication, Tropismes, ce vocable renvoie à des mouvements intérieurs presque insensibles dus à des causes extérieures: phrases stéréotypées, conventions sociales. Sous la banalité apparente de ces conventions langagières, il existe en effet des rapports humains complexes, des sentiments intenses, voire violents (sensations d'enfermement, d'angoisse, de panique). Nathalie Sarraute les décrit comme des mouvements instinctifs, déclenchés par la présence d'autrui ou par les paroles des autres. Tropismes, refusé par Gallimard et par Grasset, ne sera reconnu par la critique qu'une quinzaine d'années après sa parution.

* En physiologie végétale, un tropisme est une réaction d'orientation des organes d'une plante (racines, tiges, feuilles, fleurs, etc) à une anisotropie de milieu. La lumière et la gravité sont les deux principaux facteurs du milieu respectivement responsables des phototropismes ou héliotropisme et des gravitropismes (aussi appelés géotropismes).

Les tropismes peuvent apparaître comme des mouvements de la plante (dans les films en accéléré) mais ils correspondent en fait au résultat d'une croissance inégale des deux côtés de l'organe, ce qui entraîne une courbure de celui-ci.

Du roman d'aventures à l'aventure d'une écriture :

Construction d'un schéma actantiel et d'un schéma narratif : le portrait d'un collectif de "poètes" dans sa relation avec des champs d'influences.

cf. Les Faux-Monnayeurs d'André Gide


cf. L'art de la fugue dans Les Faux-Monnayeurs d'André Gide : une écriture protéiforme avec suites et variations, de l'incipit à l'excipit (avec une fin ouverte qui boucle et déboucle à la fois...).

"et quant au puîné, le petit Caloub*, une pension le bouclait au sortir du lycée... Je suis bien curieux de connaître le petit Caloub*."

* effet d'épanadiplose : Caloub = anagramme de "boucla" (cf. Les jeux de mots gidiens : Passavant, Profitendieu ...)


Le roman d'un collectif de poètes lycéens Des espoirs générationnels suivra-t-il la voie de la fragmentation et de la composition musicale ouverte par le roman gidien ?

Qu'en est-il dans Un nid pour quoi faire d'Olivier Cadiot et de la mise en scène de "la maladie Robinson" inspirée des Histoires brisées d'André Gide ?